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À Poitiers, faute de locaux, les Restos du Cœur craignent le pire

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Cela fait maintenant des mois que les Restos du Cœur de la Vienne cherchent désespérément des locaux. Dans l’attente d’une solution, l’association s’organise pour continuer ses activités au mieux. Mais jusqu’à quand ?

En ce début d’après-midi, les températures sont lourdes. Devant le centre des Restaurants du Cœur de la Demi-Lune, à Poitiers, une file d’attente se met en place. « On s’organise par tranche de 30 min, détaille Sylvie Moriceau, la présidente départementale des Restos. Il y a entre 15 et 20 familles par créneau horaire. » L’organisation est de rigueur, et d’autant plus depuis la crise sanitaire. Les normes sont strictes, et Sylvie Moriceau y met un point d’honneur. « Nous avons notre « Monsieur hygiène et sécurité », la consigne est claire : sans son aval on ne fait rien », assure-t-elle. La santé avant tout.

Mais la Covid-19 n’est pas la seule contrainte à laquelle font face les Restos du Cœur pictaviens. Le manque de place est criant. Le site de la Demi-Lune regroupe le centre de distribution, l’entrepôt, l’accueil de jour (pour les personnes sans domicile fixe) et le siège départemental de l’association. « Ce n’est plus gérable, on entasse des provisions dans les couloirs car l’entrepôt est plein et les bureaux sont minuscules », s’attriste Sylvie Moriceau. Minuscules et plutôt inconfortables.

Lors de la distribution au centre Demi-lune de Poitiers, les bénévoles s’affairent.

© Romain Bizeul – France Télévisions

En ce jour de chaleur, le bâtiment fait de tôle à plutôt des allures de four. Dans le couloir de la partie administrative du bâtiment se trouve le bureau de Patrick, le trésorier des Restos de la Vienne. « On ne peut même pas ouvrir les fenêtres, elles sont bloquées », désespère-t-il. Dans son bureau, trois postes de travail sont destinés à la trésorerie et à la comptabilité. Le bureau est partagé entre quatre personnes qui se répartissent les créneaux afin de ne pas se retrouver tous en même temps dans la pièce exiguë, pandémie oblige. Mais Patrick a besoin d’être en lien avec les autres bénévoles de son bureau et à cause de cette organisation forcée, il passe une demi-journée de plus qu’avant, sur place.

Un manque de place à tous les étages

Même schéma du côté des informaticiens qui, en plus, doivent entreposer tout leur matériel dans le même bureau. Malgré les conditions, l’ambiance est joyeuse. « On s’en sort car les bénévoles sont vraiment dévoués et le travail d’équipe est primordial ici », se félicite la présidente Sylvie Moriceau. Les galères ne manquent pourtant pas. Avant le premier confinement, il y avait deux secrétaires en plus. « Nous les avons perdues et nous n’avons pas cherché à en reprendre », avoue Sylvie Moriceau. Et Renée, sa voisine de bureau d’enchaîner avec ironie : « de toutes façons, je ne vais pas prendre quelqu’un sur mes genoux ! »

Ce besoin de place ne s’arrête pas là. Pour l’entrepôt et le centre d’accueil, c’est le même combat. Il y a 16 centres d’accueil et de distribution dans la Vienne et un centre itinérant qui va dans les zones blanches. Toute la logistique est concentrée dans l’entrepôt et ses trois annexes. Une fois de plus l’organisation est indispensable pour assurer le bon fonctionnement. Ce qui entraîne également de nombreux allers-retours pour la gestion des stocks. Un coût supplémentaire pour l’association mais sa présidente préfère rester positive : « On est habitué au système D et tout le monde est volontaire, donc on s’en sort ! »

À son poste de travail, Renée qui partage son bureau avec Sylvie, la présidente des Restos du Coeur de la Vienne. Malgré le besoin, impossible d’accueillir plus de monde.

© Romain Bizeul – France Télévisions

S’ils espèrent avoir trouvé des locaux pour le siège de l’association et pour l’entrepôt. La question du centre d’accueil et de distribution est plus complexe. Les Restos du cœur de Poitiers cherchent deux locaux de 200 à 300 m² ou un grand de 400 à 600 m². Pour le moment, impossible. « Nous avons eu de tout, mais ce que nous trouvons est souvent trop cher pour nous. Il ne faut pas non plus nous prendre pour des imbéciles, on nous a même fait visiter des squats », s’exclame furieusement Sylvie Moriceau.

« Cachez cette misère que je ne saurai voir »

Elle évoque la difficulté de trouver le « bon endroit ». Les commerçants peuvent se montrer réfractaires à l’arrivée d’un centre de distribution à côté, et Sylvie Moriceau peut le comprendre. Les bénéficiaires ne veulent pas tout le temps être vus non plus. Mais parfois, le simple fait d’accueillir des personnes en difficulté est un handicap. « Une fois, un bailleur a refusé de nous louer car nous étions Les Restos du Cœur. Cachez cette misère que je ne saurai voir », s’agace la présidente de l’association.

Partout dans le département, les locaux sont mis à disposition des Restaurants du Cœur gratuitement. Partout, sauf à Poitiers. Si un centre est bel et bien gratuit. Ce n’est pas le cas de ceux de la Demi-Lune ou de Grand Maison. « La mairie essaye quand même de nous aider, précise Sylvie Moriceau. Il n’y a que depuis le changement de municipalité que nous avons un dialogue. » Mais le temps presse. L’association a donné congé de son bail au site de Grand Maison, ce qui fait craindre le pire au sein des équipes des Restaurants du Cœur de Poitiers. Ce sont plus 400.000 repas qui ont été servis sur les dernières campagnes d’hiver et d’été, ce qui représente plus de 2.000 familles aidées. « Il serait temps de replacer ces bénéficiaires au centre des préoccupations », s’alarme Sylvie Moriceau. Si avant le 22 novembre, aucune solution n’est trouvée. Ce sont autant de familles potentiellement en danger.

CARTE. Situation des Restos du Coeur – Poitiers

 

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