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autoroute 154, musée du Compa, désert médical… les 5 choses à savoir sur l’Eure-et-Loir

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L’Eure-et-Loir compte 15 cantons depuis le redécoupage de 2014, dans lesquels 70 binômes se sont présentés pour les élections départementales.

A la tête du département, Claude Térouinard (LR) est le doyen des présidents de Conseils départementaux de la région avec ses 83 ans. Ce qui ne l’empêche pas de se représenter sur le canton de Brou.

Entre le nord limitrophe de la région parisienne, l’ouest ancré dans le Perche, l’est et le sud plus ruraux, les attentes sont bien entendu différentes selon les cantons. Il existe cependant des enjeux incontournables pour les 140 candidats.

1 – Le projet de l’autoroute A 154

C’est l’un des plus gros serpents de mer du département : la transformation de la nationale 154 en autoroute. L’actuelle RN 154 débute en Normandie pour arriver dans le Loiret. En Eure-et-Loir, elle relie notamment Dreux à Chartres. C’est cette section – plus précisément depuis Nonancourt au nord-ouest de Dreux à Allaines au sud-est de Chartres – qui pose problème.

En 2010, après plusieurs années de réflexion, un débat public débouche sur la décision d’une mise en concession autoroutière. Cela entraîne alors un mouvement d’opposition pendant plusieurs années. 

Gelé en 2017, le projet est relancé l’année suivante. A l’époque, il est évalué à 1 milliard d’euros réparti entre l’Etat, le concessionnaire et les collectivités locales.

Et aujourd’hui, le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari a réaffirmé son ambition de faire aboutir ce projet « dans les plus brefs délais ».

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La mise en concession autoroutière est défendue par le Conseil départemental pour qui cette transformation va assurer plus de sécurité sur la route. Une majorité des élus de droite soutient aussi le projet : les députés Olivier Marleix (LR) et Philippe Vigier (Union des Centres) ; les sénateurs Albéric de Montgolfier (LR), Daniel Guéret (DVD) et Chantal Deseyne (LR), etc.

Mais plusieurs groupes refusent que ce tronçon soit transformé en autoroute, en premier lieu Eure-et-Loir Ecologie. Les écologistes veulent en effet que ce projet soit abandonné et développer des transports alternatifs.

Idem du côté de la gauche, qui propose de rénover la N 154 pour en faire une route 2×2 voies gratuite au lieu de la mise en concession autoroutière.

2 – Le déménagement du musée du Compa

Le Conseil départemental d’Eure-et-Loir possède la plus grande collection d’Europe de machines, outils et objets agricoles. Une grande partie des 8.000 références est réunie au musée du Compa, à Mainvilliers, à proximité de la gare de Chartres. Fermé depuis mars 2020, à cause de la pandémie, le musée ne rouvrira pas à Mainvilliers. C’est ce qu’a officiellement annoncé le Conseil départemental fin février. Il a prévu de déménager le conservatoire de l’agriculture sur le site de l’ancienne base aérienne de Châteaudun.

Pour expliquer cette décision, le Conseil départemental avance plusieurs raisons : « de moins en moins de visiteurs, une collection dispersée entre plusieurs sites, des coûts de fonctionnement importants sans retombées économiques ».

Mais pour la liste des écologistes, ce déménagement est un non-sens car le musée, en étant dans l’agglomération chartraine, « permet d’assurer le lien mémoriel entre la ville et les campagnes », de « faciliter le nécessaire dialogue entre les agriculteurs et les citoyens ». Ce qui ne serait plus le cas à Châteaudun.

La liste de gauche aussi se mobilise contre ce déménagement et a d’ailleurs manifesté samedi 5 juin contre « la fermeture programmée » du Compa. « La rencontre en pleine ville du machinisme agricole et des installations ferroviaires constitue un cas unique à préserver », affirment les candidats.

3 – La désertification médicale

Que ce soit dans le canton d’Auneau, Brou, Chartres 2, Chartres 3, ou Nogent-le-Rotrou, une problématique revient quasi systématiquement : la désertification médicale. Selon une cartographie du Guide Santé reprise par France 3, environ la moitié des communes du département est sous-dotée médicalement. Cinq communes sont au sens strict du terme des déserts médicaux.

L’Eure-et-Loir sur la carte du Guide Santé.

© Le Guide Santé

Chacun avance donc ses idées pour attirer de nouveaux médecins. A Auneau par exemple, le conseiller départemental sortant LR et sa binôme réfléchissent à proposer un logement, faire appel à des médecins salariés, ou encore développer les maisons de santé.

Du côté de la liste « Ensemble à gauche », les mots ne sont pas assez durs envers les élus sortants : « Ils prétendent lutter contre la désertification médicale : or ils n’y consacrent que 0,09 million €, le dernier rang des dépenses. En clair, il ne se passe rien et notre département se situe dans les cinq les plus pauvres de France dans ce domaine. »

Les candidats défendent un plan d’urgence pour lutter contre la désertification médicale. Ils veulent notamment proposer des bourses aux étudiants en médecine pour qu’ils s’installent dans notre département et recruter des médecins salariés.

« Plan d’urgence », c’est aussi le terme employé par Eure-et-Loir Ecologie via l’implantation de nouveaux centres de santé et l’installation de nouveaux médecins.

Une autre solution pourrait être la télémédecine. C’est d’ailleurs en Eure-et-Loir qu’une expérimentation inédite en France avait été mise en place en 2019 : une cabine de téléconsultation en mairie, au Favril.

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4 – Les mobilités et le train Chartres-Paris

Le train est une compétence régionale, mais la question des déplacements ferroviaires reste importante en Eure-et-Loir, et pour cause : la ligne TER Paris Chartres Nogent-le-Rotrou est l’une des plus fréquentées de France, avec 11.500 voyageurs quotidiens d’après la SNCF.

Selon une enquête menée par le député eurélien Guillaume Kasbarian (LREM), 88% des navetteurs sont insatisfaits, en grande partie à cause des retards et du manque de fiabilité. D’où la bronca de l’association des usagers quand la région Centre-Val de Loire avait annoncé une hausse des tarifs.

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La question des transports en commun est ainsi évoquée par certains candidats, comme le binôme écologiste qui se présente sur le canton d’Anet, tout au nord du département. Ce dernier soutient la fusion du passe Navigo (qui sert à se déplacer en Ile-de-France) et de la carte Rémi (utilisée en Centre-Val de Loire).

5 –  Les forces en présence pour le scrutin des 20 et 27 juin 2021

Quand on regarde la carte des élections départementales de 2015, l’on s’aperçoit que la quasi-totalité est en bleu, c’est-à-dire que soit Les Républicains soit les candidats divers droite ont remporté le canton.

Carte des résultats des élections départementales 2015 en Eure-et-Loir.

© Temcharles / Wikipédia

C’est donc logiquement que les élus sortants de droite se représentent, qu’il s’agisse du binôme complet ou de l’un des deux seulement. Mais la présence en force de certaines listes pourrait rebattre les cartes.

Ainsi, l’autre formation politique qui a pu présenter des candidats dans tous les cantons est le Rassemblement national. Aleksandar Nikolic, candidat RN aux régionales en Centre-Val de Loire, est par ailleurs candidat sur le canton de Saint-Lubin-des-Joncherets.

Et il n’est pas tout à fait exact de dire que toute la droite règne sur l’Eure-et-Loir : Lucé, un canton d’irréductibles de gauche, résiste encore et toujours à la vague bleue.

Pour tenter d’arracher quelques sièges à la droite, les partis de gauche ont donc décidé pour la première fois de présenter des candidats communs aux élections départementales, dès le premier tour. Parti socialiste, Parti communiste français, Génération S, Gauche républicaine et socialiste partent donc unis dans la liste « Ensemble à gauche pour l’Eure-et-Loir ». Ils seront présents dans 12 cantons sur 15.

Les écologistes devaient aussi être présents dans 12 cantons sur 15 cette année. Mais ils ont retiré l’investiture à Jeber Trad, candidat qui se présente sur le canton 1 de Dreux, pour des prises de position « inqualifiables » sur les réseaux sociaux. C’est le deuxième couac rencontré par les Verts, après un premier au niveau régional.

Ils présenteront donc 11 binômes sous la bannière « Eure-et-Loir Ecologie ». Ce mouvement départemental, lié à EELV et Génération Ecologie, a été créé à la suite des bons résultats de la liste Chartres Ecologie aux élections municipales de 2020.

Enfin, ne vous étonnez pas de ne pas voir de bulletin LREM dans tous les bureaux de vote : le parti du président de la République n’a pu investir des candidats que dans 2 cantons sur 15, à Chartres 1 et Chartres 3.

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