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Dans le Val-d’Oise, une « dorloteuse » d’abeilles sauvages s’affaire à les préserver

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A l’occasion de la journée mondiale des abeilles, focus sur une initiative qui vise à les protéger : les Dorloteurs d’abeilles. Une entreprise propose à des particuliers de prendre soin d’abeilles sauvages (à ne pas confondre avec celles dites domestiques qui produisent du miel).

Lorsque l’on pense aux abeilles, on pense naturellement au miel. Mais pour ces particuliers, pas question d’en récolter, d’ailleurs, elles n’en font pas ou presque. « Elles sont dites ‘solitaires’, elles ne vivent pas en colonie et n’ont pas de comportements sociaux. Elles ont un cycle de développement très différent des abeilles à miel. Chaque abeille fabrique son nid et pond ses œufs », explique Pauline Jung, responsable du projet Les Dorloteurs d’abeilles.

Ces abeilles ne vivent ainsi que 6 à 8 semaines, la reproduction est assurée par les cocons laissés qui vont éclore l’année suivante. Les pesticides, le réchauffement climatique, l’apparition de nouveaux prédateurs sont autant de menaces pour cet insecte vital pour l’environnement mais moins connu car ne produisant pas de miel. Plus que leurs cousines qui en fabriquent, elles sont de formidables pollinisatrices et ont un rôle crucial dans l’agriculture, notamment en arboriculture.

Des dorlotoires pour abeilles

Pauline Jung et ses collègues ont ainsi imaginé ce projet – rattaché à l’entreprise « Un toit pour les abeilles » qui invite des particuliers à parrainer des ruches en échange de pots de miel. Les volontaires s’abonnent ainsi pour la somme d’environ 7 euros par mois et reçoivent leur « dorlotoire ». « C’est une petite maisonnette qui permet de dorloter les abeilles. Elle a été conçue pour certaines abeilles qui se nichent dans des tiges creuses comme les roseaux. Elle a une zone d’observation avec des galeries transparentes et l’on voit les œufs qui se transforment en cocon », poursuit Pauline Jung.

L’objet peut être posé dans un jardon ou un balcon. Pas besoin d’autorisation des voisins, ces abeilles ne piquent pas. Ces dorlotoires doivent être installés entre février et fin août. Ensuite, les cocons doivent être renvoyés par la Poste à l’entreprise (une enveloppe spéciale est prévue à cet effet) où ils sont nettoyés à l’eau et stockés pour qu’une nouvelle génération émerge et que nature se fasse. « L’année dernière, nous avons récolté environ 20 000 cocons. Nous  les renvoyons ensuite dans le même espace géographique, c’est très important pour ne pas mélanger les espèces », précise cette responsable du projet. Depuis le lancement de l’initiative l’année dernière, 557 y ont souscrit en Île-de-France.

« Faire comprendre l’importance des abeilles »

Carole Donischal fait partie des premières inscrites au programme. « C’est surtout un projet de famille. Initialement, nous voulions faire comprendre l’importance des abeilles dans notre environnement à notre fils », raconte cette dernière qui habite à Montmorency dans le Val d’Oise.

Son fils ne s’est pas vraiment pris au jeu, les parents si. « Nous avons des abeilles sauvages et aussi de terre. Ce sont des abeilles qui creusent dans la terre, c’est impressionnant. Cela fait comme des nuages d’abeilles jusqu’au genou, mais c’est inoffensif », rapporte celle qui s’est inscrite pour une deuxième année.

Son mari souhaiterait installer une ruche dans leur jardin. Une chose qu’elle refusait auparavant mais qu’elle accepterait désormais : « On ne mange pas plus de miel que ça mais c’est toute la diversité des abeilles, ce que c’est capable de faire et ce que ça apporte qui nous intéresse. On se dit que la nature est assez exceptionnelle. »

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