Politiqued’où viennent ces listes hors partis traditionnels ?

d’où viennent ces listes hors partis traditionnels ?

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Parmi les neuf listes qui ont été déposées et validées en préfecture ce lundi 17 mai, on retrouve des listes représentant les partis traditionnels comme Lutte ouvrière, le Rassemblement national, et des listes communes entre différents partis comme pour le « Rassemblement écologique et social » d’une gauche rassemblée et la liste « Notre région d’abord », fruit des Républicains et de La république en Marche.

À côté, il y a aussi des listes moins connues, qui se veulent citoyennes et basées sur la démocratie participative.

Pour la plupart, on y retrouve quand même d’anciens élus régionaux  comme « Zou » avec Valérie Laupies, ex-RN du Vaucluse ou Hervé Guerrera, de « Oui la Provence!, ancien conseiller régional sous l’ère Vauzelle, ou encore la liste écologiste avec Jean-Marc Governatori, chef de file des écologistes niçois et co-président de Cap Écologie.

« Un Nôtre monde », place au citoyen souverain

Une liste se démarque, elle semble émerger d’un mouvement citoyen mais communique peu, « un Nôtre monde ».

Le docteur Fouché, anesthésiste à la Timone à Marseille, vent de bout contre le port du masque et anti-vaccin apparait sur la page de présentation de ce mouvement. Dans son entourage, on assure qu’il ne figure pas sur la liste et lui-même dément.

Sa contribution se limiterait à une sorte d’aide sur le fonctionnement des collectifs et de la démocratie participative, comme il l’explique dans une vidéo publiée vendredi 21 mai. 

Pour autant, quand il s’agit de joindre directement l’intéressé ou un membre d’Un Nôtre monde », c’est fin de non-recevoir. Il nous est très difficile de rentrer en contact avec les personnes qui figurent sur cette liste ou qui la soutienne.

Contacté, Mikaël Vincenzi, désigné tête de liste, ne souhaite pas répondre pour le moment à nos questions. Il préfère soumettre nos interrogations à ses colistiers. Les décisions sont prises en commun et la communication avec la presse reste très contrôlée. 

Et « c’est une nouveauté pour les régionales », selon Guillaume Gourgues, politologue et maître de conférence en sciences politiques.

Selon cet expert qui a travaillé sur les « petites listes » lors des dernières municipales, « on est sur des mouvements composites, des gens de tendances politiques très différentes, ce n’est pas un mouvement homogène ».

Il y a un rejet très fort et une défiance des autres partis politiques et des médias considérés « de masse ». Une charte de sept points est la base du socle commun de ce mouvement.

Les candidats s’engagent à la respecter avec six valeurs dominantes comme « la co-construction, la démocratie, l’écologie, l’éthique, la paix et la transparence », annonce le site internet du mouvement.

Aucune individualité ne semble prendre le dessus et l’intérêt général est privilégié. « C’est le système du jugement majoritaire ou Condorcet », explique le politologue.

Zou, « la liste qui vous débarrasse du système »

Autre liste, même discours « anti-système ». « Zou, la liste qui vous débarrasse du système » comme elle le revendique se place en défenseur de la région. En particulier face « aux dictats de l’Union européenne ».

« Je considère que ce n’est pas les consignes de l’Union Européenne que nous devons suivre, mais les besoins des acteurs locaux », détaille Valérie Laupie, la tête de liste. Une perte d’identité et de pouvoir de la région qui entraîne pour l’élue, certains problèmes.

Ces listes se présentent, pour la plupart « comme anti-système » par défiance de la façon actuelle de faire de la politique et contre la nationalisation par les élus en place, des élections locales.

« Habituellement ces listes étaient le prolongement électoral de combats locaux aux municipales. Une partie de ces gens-là veulent continuer la bataille, quelle que soit l’élection « , explique Guillaume Gourgues.

Valérie Laupies, la tête de liste, ne cache pas sa volonté de « se faire remarquer ». Une manière selon elle de « dénoncer les dysfonctionnements », notamment d’un « système sans conviction pour la France ».

« Messieurs Muselier, Estrosi, Mariani mènent des politiques déconnectées de la réalité. Il faut que nous puissions avoir des représentants qui s’occupent des vrais problèmes ».

Conseillère régionale depuis 2010, Valérie Laupies, pense que c’est là que réside le principal problème. « On ne fait absolument plus confiance à nos élites politiques, on voit toujours les mêmes, qui nous racontent toujours la même chose. »

Mais elle est loin d’être novice en politique. Directrice d’école en zone d’éducation prioritaire, cette femme politique s’estime être « proche du terrain ».

Auparavant élue pour le Rassemblement national, elle en a été exclue en 2018. Valérie Laupies était accusée de militer pour le parti de Nicolas Dupont-Aignan, Debout La France, peu après avoir proposé une union des droites en vue des élections européennes.

« Oui la Provence! » pour la promotion de la langue d’Oc

Autre exemple de cette campagne régionale, la liste « Oui la Provence! », emmené par Hervé Guerrera, ancien conseiller régional, se veut un rassemblement citoyen et régionaliste.

Tous les « marchandages et l’opacité des unions » découragent certains électeurs de voter et les petites listes se tournent vers ce public aussi.

Pour toutes les listes, l’ancrage dans le territoire et la composition ouverte aux citoyens est mis en avant.

« Parmi les personnes présentes sur cette liste, on peut retrouver des acteurs de l’écologie et de la culture, des syndicalistes et des personnes qui font la promotion de la langue d’Oc », détaille le tête de liste Hervé Guerrera.

Pour eux, il s’agit de « faire autre chose que l’écharpage à droite et les combinaisons à gauche ».

« Ces propositions de listes se revendiquent être composées par des citoyens de la base et se veulent démocratiques en réaction à tout ça », explique Guillaume Gourgues.

Des écologistes éparpillés sur plusieurs listes

En désaccord sur de nombreux points, les écologistes se retrouvent éparpillés sur plusieurs listes aussi.

« L’écologie est un enjeu trop important pour se confondre dans des manœuvres d’appareil », insiste Jean-Marc Governatori, qui a décidé de créer une liste en dehors d’Europe Ecologie-Les Verts. Ces derniers ont fusionné avec la liste de la Gauche unie sous le nom de « Rassemblement écologiste et social ».

« J’étais avec eux jusqu’au 6 mai, mais les conditions ne sont pas respectées, ils ont trop gauchisé la liste », estime le co-président de Cap Écologie et président des élus écologistes niçois depuis 2020.

Jean-Marc Governatori a réussi « assez facilement » à composer sa liste de 135 personnes, avec son réseau. 

Une liste écologiste, animaliste et citoyenne avec seulement cinq élus parmi « des paysans, des soignants, des acteurs du monde associatif, des petits commerçants et des fonctionnaires », assure Jean-Marc Governatori en insistant sur le fait que tous « sont des gens de terrain ».

Comme les autres listes hors partis de ces régionales, Jean-Marc Governatori estime que « le système conventionnel a montré ses limites et demeure dans l’impasse, les citoyens ont besoin de s’exprimer et de se sentir écoutés. »

Plusieurs listes et finalement un seul et même discours

« Ces listes ont très souvent le même discours sur l’envie de démocratiser la démocratie, de théoriser. L’idée est de dire que cela suffit avec les cuisines partisanes, les affaires régionales qui se décident à Paris, l’instrumentalisation des élections par la classe politique déconnectée du réel et du terrain », détaille le politologue Guillaume Gourgues.

Et les partis traditionnels en ont conscience. « Sur les élections locales, nombre d’élus tentent de gommer leur étiquette partisane afin de faire du citizen washing, même s’il n’y a que deux ou trois personnes non politiques sur la liste », détaille-t-il.  

« C’est le tour de passe passe qu’a voulu tenter Renaud Muselier, mais les ficelles étaient trop grosses ».

Selon le politologue, ces listes n’ont pas de réelles ambitions de gouverner la région mais « Là aux régionales, il y a un écho plus grand, alors les candidatures tribunitiennes utilisent ces élections pour porter des messages et des causes. »

« Bien souvent les programmes ne reprennent que quelques problématiques dont la collectivité a les compétences », explique le politologue.

Un gros travail de réseau pour constituer les listes

La grosse différence cette année, c’est cette présence aux régionales, « car il faut trouver 135 personnes à présenter sur les listes. C’est un gros travail de réseau ».

« Ces systèmes très égalitaires nécessitent des centaines de gens pour le mettre en place, et de nombreuses heures d’élaboration », précise Guillaume Gourgues, ajoutant que « cette méthode laborieuse reste la plus juste et équitable, et profite aux femmes qui souvent n’osent pas forcément se mettre en avant. » 

« Cet engouement en commun pour les procédures démocratiques n’empêche pas une pluralité idéologique, cela reste quand même marqué à gauche ».

La question se pose sur les capacités financières engagées par ces listes pour la réalisation des affiches de campagne, des professions de foi, etc…

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