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TOUT COMPRENDRE – L’inflation va-t-elle faire son grand retour et doit-on vraiment le redouter?

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Depuis plusieurs semaines, les marchés s’inquiètent d’un retour durable de l’inflation. Mais la remontée des prix n’est pas forcément une mauvaise nouvelle pour certains. Et tout porte à croire qu’elle ne sera que temporaire.

Fantasme pour certains, réalité pour d’autres: le scénario d’un retour durable de l’inflation est loin de faire l’unanimité parmi les économistes. Aucun ne conteste en revanche l’apparition de signaux favorables à une remontée au moins temporaire des prix, même si l’ampleur du phénomène fait débat.

Les derniers chiffres en provenance des Etats-Unis parlent d’eux-mêmes: en avril, les prix y ont augmenté de 4,2% sur un an. Une première depuis septembre 2008 qui a rendu les marchés particulièrement nerveux ces derniers jours. Au sein de la zone euro, l’inflation bien que plus modérée (+1,6% sur un an) semble elle aussi en voie d’accélération.

> Quels sont les moteurs de l’inflation?

  • Déséquilibre entre l’offre et la demande de biens

A court terme, tous les ingrédients étaient réunis pour assister à une remontée des prix. Dans un premier temps, la maîtrise de l’épidémie de Covid-19 en Chine et le déploiement de la campagne de vaccination, notamment aux Etats-Unis, ont participé au rebond soudain de la demande mondiale. Tandis que l’offre n’a pas été en capacité de suivre le mouvement en répondant à tous les besoins.

Rien de très étonnant à cela. Victimes de l’effondrement de l’activité économique, les usines ont tourné au ralenti l’an dernier, certaines allant jusqu’à interrompre temporairement leur production. Or, le redémarrage des chaînes d’approvisionnement mondiales ne peut se faire du jour au lendemain. Résultat, des goulots d’étranglement se sont formés dans certains secteurs et les industriels font désormais face à des pénuries de matières premières. Ce qui entraîne mécaniquement une hausse des coûts de production que les entreprises répercutent sur les prix.

  • Injection massive d’argent dans les économies

Au-delà des tensions sur le marché des biens et services, d’autres signaux préoccupent les marchés outre-Atlantique. A commencer par les trois plans de relance de Joe Biden qui vont engager près de 30% du PIB américain. Ces plans massifs qui fleurissent aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe sont encouragés par la politique accommandante des banques centrales et leur pouvoir illimité de création monétaire qui, à travers des rachats d’actifs, permettent aux Etats de s’endetter à moindre coût.

Mais en injectant autant d’argent pour stimuler la demande, la Fed et le locataire de la Maison Blanche prennent le risque de mettre l’économie américaine dans un état de surchauffe qui pourrait aboutir à une flambée des prix aux Etats-Unis et, par contagion, en Europe. C’est le principe de la théorie quantitative de la monnaie développée par l’économiste Milton Friedman en 1970 lorsque ce dernier assurait que « l’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire en ce sens qu’elle est et qu’elle ne peut être générée que par une augmentation de la quantité de monnaie plus rapide que celle de la production ».

  • Pénurie de main-d’oeuvre

L’autre phénomène qui alimente la crainte d’une accélération durable des prix réside dans les tensions sur le marché du travail américain. Certains secteurs sont en effet confrontés à une pénurie de main-d’œuvre, y compris faiblement qualifiée, susceptible de relancer la « boucle salaires-prix ». Plusieurs entreprises dont McDonald’s ou Amazon ont d’ores et déjà annoncé une hausse significative de leur salaire minimum ainsi que des primes à l’embauche alléchantes pour attirer de nouveaux candidats aux Etats-Unis.

Ce qui peut pousser les prix à la hausse, comme l’explique sur notre antenne Emmanuel Combe, président de la Société d’Economie Politique et vice-président de l’Autorité de la concurrence, citant une étude publiée en février par le National Bureau of Economics Research: « A chaque fois qu’un Etat américain augmente le salaire minimum, McDo ne se contente pas de s’ajuster, (…) il reste au-dessus pour attirer la main-d’œuvre et ensuite, il reporte cela sur le prix du Big Mac. Si bien que l’inflation sur le coût du travail va se traduire à la fin par une inflation sur les prix ».

Emmanuel Combe dit justement croire au retour de l’inflation « par les coûts » plus que par la demande en raison de forces structurelles sur le marché du travail et plus largement à cause de « la globalisation qui est terminée au sens où on ne pas aller vers plus de globalisation, mais plutôt vers du protectionnisme, et un tout petit peu de relocalisation… Tout cela fait monter les coûts. De même que la transition énergétique qui coûte très cher », souligne-t-il.

> Les gagnants et les perdants d’un retour de l’inflation

Faut-il pour autant redouter une remontée des prix? Si elle n’excède pas un certain niveau, l’inflation n’est pas forcément néfaste à l’économie et peut même avoir du bon pour certains de ses acteurs. Rappelons d’ailleurs que la Banque centrale européenne vise en théorie un objectif proche mais inférieur à 2% d’inflation par an. « Les marchés craignent le retour de l’inflation. Mais cette inflation, tout le monde l’attend. Depuis 2008, le monde était entré dans une phase d’inflation basse mais aussi de risque de déflation », relève Xavier Timbeau, directeur de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Et il est souvent bien plus difficile de sortir d’une spirale déflationniste que d’une spirale inflationniste.

Si la hausse des prix fait perdre du pouvoir d’achat aux consommateurs à court terme, elle se traduit souvent par une hausse des salaires à moyen terme. Notamment parce que le Smic français est indexé sur l’inflation, de même qu’un certain nombre de prestations sociales. Et une augmentation du salaire minimum se répercute le plus souvent par une augmentation des salaires les plus bas, comme l’expliquait l’Insee dans une étude sur les salaires en France. En outre, les représentants du personnel invoquent généralement l’inflation pour obtenir des augmentations de salaires lors des négociations annuelles en entreprise. Si l’employeur accepte une augmentation au moins égale à celle des prix, alors le pouvoir d’achat des salariés reste stable.

Mais l’un des principaux gagnants d’une accélération de l’inflation est l’Etat. Car qui dit hausse généralisée des prix, dit hausse des rentrées fiscales. Autre conséquence positive: l’inflation permet de renforcer les capacités de remboursement de la dette publique puisqu’elle fait augmenter le PIB nominal et réduit donc le ratio dette/PIB.

C’est le même mécanisme qui s’applique pour tous les emprunteurs. Du moins si les salaires suivent durablement le rythme de l’inflation. Prenons le cas d’un salarié percevant 2500 euros par mois. Ce dernier a souscrit un prêt à taux fixe avec une mensualité à rembourser de 800 euros. Supposons également un taux d’inflation de 2% pendant trois années consécutives. En partant du principe que les salaires augmentent au même rythme, le salarié percevra 2653 euros par mois trois ans plus tard mais devra toujours continuer à rembourser 800 euros. Son taux d’endettement passerait alors de 32% à 30%. Il lui serait dès lors plus facile de rembourser son prêt.

C’est l’inverse qui se produit pour les épargnants. Lorsque l’inflation est supérieure au taux de rendement de l’épargne, ce qui est par exemple le cas pour le Livret A, le rendement réel devient négatif. Ce qui signifie que le capital placé perd de la valeur. Enfin, les fonctionnaires ou les retraités peuvent également être les grands perdants d’un retour de l’inflation si leurs revenus ne sont pas revalorisés à hauteur de l’inflation, comme ce fut le cas ces dernières années.

> Pourquoi il faut relativiser

A condition qu’elle ne soit pas excessive, l’inflation n’est pas toujours une mauvaise chose et est même souvent synonyme de croissance. Toute la question est donc de savoir quelle en sera ampleur et si elle sera durable. Sur ces points précis, la grande majorité des experts se montrent rassurants.

D’abord, la remontée des prix aux Etats-Unis s’explique en grande partie par des phénomènes ponctuels. La pénurie de matières premières comme celle de la main-d’œuvre finiront par s’estomper, de sorte que l’inflation qui en découle devrait en faire autant: « Le choc d’offre de travail est encore présent mais cela ne va être que temporaire. Une fois qu’on aura vacciné tout le monde, ce choc d’offre va disparaître », assure Eric Heyer, directeur du département analyse et prévision à l’OFCE, sur BFM Business.

Ensuite, les chiffres de l’inflation observés en avril sont à relativiser puisqu’ils traduisent un phénomène de rattrapage. En effet, la demande avait baissé à la même période l’an dernier en raison du confinement, ce qui avait également poussé les prix à la baisse. Notons par ailleurs que l’augmentation des prix outre-Atlantique est très sectorisée: l’inflation mensuelle en avril était pour un tiers liée à l’évolution des prix des voitures d’occasion. Et si l’on écarte des prix volatiles que sont l’énergie et l’alimentation, l’inflation américaine a atteint 3% sur un an. Autre indicateur rassurant: la vitesse de circulation de la monnaie qui génère de l’inflation lorsqu’elle augmente reste stable.

De leur côté, les banques centrales comme la Fed américaine rappellent qu’un certain nombre d’éléments déflationnistes n’ont pas disparu, comme le souligne La Croix. A commencer par le chômage qui demeure élevé. De quoi relativiser le risque d’inflation par les salaires. Et quand bien même le mouvement de la mondialisation serait freiné, celle-ci ne cessera pas d’exister et continuera de contribuer à la baisse des coûts.

Enfin, les banques centrales pourront toujours jouer leur rôle de dernier rempart en cas de retour incontrôlé de l’inflation. Si ce scénario se produisait, elles seront contraintes d’augmenter les taux directeurs pour refroidir l’économie afin de limiter la hausse des prix. Ce qui aurait pour conséquence de faire augmenter les taux d’intérêt et donc de diminuer les demandes de crédits. Il en serait alors terminé de l’époque de l’ »argent gratuit » dont profite aujourd’hui les Etats pour s’endetter à moindre coût.

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