Politiquetrois questions pour comprendre la polémique autour du Mois...

trois questions pour comprendre la polémique autour du Mois décolonial

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Le Mois décolonial, cycle de conférences autour de « l’imaginaire post-colonial » organisé par quatre structures locales à Grenoble, est vivement critiqué à quelques jours de son lancement. La municipalité a annoncé jeudi se désolidariser de l’événement.

« Branle-bas de combat identitaire » pour ses détracteurs, « (déconstruction de) l’imaginaire colonial » selon ses organisateurs. Le Mois décolonial, organisé à Grenoble à partir de début juin, provoque de vives contestations. Plusieurs représentants politiques ont pris position contre l’organisation de cet événement. Quatre structures locales en sont à l’origine : Contre Courant (association étudiante de Sciences-Po Grenoble), Mix’Arts (association culturelle et d’éducation populaire), PEPS (mouvement politique) et Survie (association de lutte contre la françafrique).

Des conférences, tables rondes et projections sont au programme avec des invités comme les journalistes Taha Bouhafs et Rokhaya Diallo. Pourquoi la polémique enfle-t-elle autour de ce cycle de conférences ? Quelle est la position de la ville de Grenoble ? Et en quoi va consister ce Mois décolonial ? France 3 Alpes décrypte la polémique.

 

Pourquoi le Mois décolonial fait-il polémique ?

Associations et élus de tous bords s’inquiètent de la tenue de cet événement, mais surtout de la position de la municipalité vis-à-vis de ce dernier. Pour la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), il s’agit d’une « dérive locale » et d’un « branle-bas de combat identitaire (…) avec le soutien de la ville de Grenoble ».

Dans la foulée, plusieurs responsables politiques ont vivement critiqué ce Mois décolonial. Une manifestation qui « promeut les délires du racialisme et de la mouvance décoloniale », pour le président de Région (LR) Laurent Wauquiez, selon qui la municipalité « ne peut pas encourager cette radicalisation du communautarisme qui est la négation de notre nation ». Et l’événement fait aussi des remous dans les rangs de la gauche.

Avec son « mois décolonial », le maire de Grenoble promeut les délires du racialisme et de la mouvance décoloniale. La ville de Grenoble ne peut pas encourager cette radicalisation du communautarisme qui est la négation de notre nation.https://t.co/Sc46XEGVHB

— Laurent Wauquiez (@laurentwauquiez) May 26, 2021

Le conseiller régional (Cap 21/Société Civile) Stéphane Gemmani pointe du doigt la « pensée « décoloniale » » à l’université qui « distille une idéologie aux relents totalitaires en utilisant des techniques de propagande, en réintroduisant la « race », et en stigmatisant des populations de couleur comme coupables ou victimes, en s’appuyant sur une réécriture insidieuse de l’histoire ». L’événement se voit également reprocher son absence de débat contradictoire, l’une des raisons qui ont poussé trois institutions locales à clarifier leur position.

 

La ville de Grenoble a-t-elle été partenaire de l’événement ?

Contactés par France 3 Alpes, la municipalité grenobloise et les organisateurs du Mois décolonial indiquent que la ville n’a jamais été partenaire de l’événement. « Nous avons fait une demande de subvention auprès de la ville de Grenoble et rencontré des élus qui semblaient favorables au projet, explique Nadia Kirat, membre du mouvement politique Peps Isère qui co-organise l’événement. On avait compris qu’ils nous soutenaient, donc ils apparaissent comme financeur sur nos affiches. Mais nous réfutons le fait que la ville porte le projet. »

La municipalité, Sciences-Po Grenoble et l’université Grenoble-Alpes ont pourtant été présentés comme des partenaires dans plusieurs articles de presse. Devant la polémique, ils ont publié un communiqué commun jeudi 27 mai pour s’en désolidariser. La ville de Grenoble déclare même sur Twitter n’avoir « jamais été partenaire de l’événement ».

#Communiqué :?Pour répondre aux messages concernant le « Mois décolonial à Grenoble » : la Ville n’est pas partenaire de cet événement, et a demandé aux organisateurs de retirer les marques de soutiens officiels de l’institution dans l’ensemble de la communication du festival.

— Ville de Grenoble (@VilledeGrenoble) May 27, 2021

Les trois institutions affirment avoir « découvert par voie de presse de nombreuses évolutions de programmation, non partagées en amont par les organisateurs, ainsi que des niveaux d’engagements, tels que « partenariat », qui n’ont pas été validés. » Ces dernières ont demandé le retrait de leurs « marques de soutiens officiels », déplorant notamment un « manque de transparence » des organisateurs.

Le journaliste Taha Bouhafs, qui doit participer à une conférence ayant pour thème les « violences policières », a estimé sur Twitter que la majorité d’Eric Piolle « se couche face aux injonctions des racistes ». Rokhaya Diallo, autre journaliste intervenante du Mois décolonial, dénonce elle des « (pressions) sur des municipalités pour faire taire leurs adversaires », pointant notamment la prise de position de la Licra.

Les mêmes qui pleurnichent contre la pseudo-censure prétendument exercée par les « islamogauchistes » n’hésitent pas une seconde à faire pression sur des municipalités pour faire taire leurs adversaires.
Si vous voulez une définition de la « #cancelculture », la voici ⤵️⤵️ pic.twitter.com/KX8OOryEgZ

— Rokhaya Diallo (@RokhayaDiallo) May 27, 2021

 

Quel est le but de cette manifestation ?

« Pour l’émancipation, l’écologie et la justice sociale. » C’est ainsi que les organisateurs, souhaitant « déconstruire l’imaginaire post-colonial », présentent l’événement. Sa programmation n’a pas encore été annoncée, mais l’événement Facebook regroupe pour l’instant une soixantaine de participants.

Le projet s’est construit « en réponse à l’actualité politique », écrivent les associations organisatrices qui ont considéré qu’il était « nécessaire et important de revitaliser le débat et d’ouvrir les espaces de parole pour en finir avec cet héritage colonial. » Elles indiquent clairement vouloir valoriser « celles et ceux qui portent une parole innovante, politique, contemporaine et pertinente ».

« L’enjeu avec cet événement, c’est de poser la question du racisme et des discriminations pour réfléchir au vivre ensemble, à comment renforcer le sentiment d’unité dans notre société », résume Nadia Kirat de l’association Peps, également élue au Département de l’Isère. Cette question ne pouvait, selon elle, pas se poser sans avoir un regard historique.

« Les gens ne comprennent pas qu’on mobilise la question coloniale, mais elle est nécessaire pour comprendre notre actualité », juge-t-elle, concédant que le terme décolonial a fait débat au sein des organisateurs. Une notion importante, estime la militante, pour avoir une « approche politique » de la question du racisme. « Il faut nommer les choses en fonction de ce qu’elles sont », affirme-t-elle, regrettant le « buzz » qui s’est déclenché. « Nous regrettons l’instrumentalisation de l’événement à des fins politiciennes en pleine campagne électorale », déclare Nadia Kirat.

Au menu de l’événement, des échanges, dialogues et rencontres avec les intervenants. Quelques thèmes ont déjà été évoqués sur la page Facebook de l’événement : « décolonisons les arts », « écologie décoloniale », « racisme systémique » ou encore « violences policières ».

Parmi les invités, Fatima Ouassak, politologue et militante pour la justice sociale dans les quartiers populaires, Mathieu Rigouste, sociologue et chercheur indépendant en sciences sociales, mais aussi des artistes engagés tels que Lenny M’bunga qui se considère comme « humoriste panafricain ».

 

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